10 conseils pour une meilleure affirmation de soi

Pourquoi est-il essentiel de s’affirmer au travail ? Car nous y passons une grande partie de notre temps !

Dans le monde de l’entreprise, savoir obtenir ce dont nous avons besoin pour bien travailler, sans agresser ni manipuler, est une compétence essentielle à acquérir pour s’épanouir. Alors comment mieux s’affirmer au travail ? Ma réponse en 10 conseils.

 

  1. Je réalise pourquoi il est important que je m’affirme

S’affirmer signifie faire valoir ses besoins tout en respectant l’intégrité de l’autre. Pour comprendre l’importance de s’affirmer, posons-nous la question suivante : « Quelles seront les conséquences au long terme si je ne m’affirme pas ? »

Dans ces situations, apprendre à s’affirmer est tout simplement une manière de se préserver et de prendre soin de soi.

 

  1. Je choisis d’écouter mes besoins

La première étape vers l’affirmation de soi est de savoir écouter nos propres besoins.

Se poser régulièrement ces questions permet de mettre à jour des besoins qui restent flous tant que nous n’avons pas mis de mots précis dessus. Par exemple, Paul aimerait que ses heures supplémentaires soient valorisées, Valérie que son chef lui dise bonjour le matin. Au lieu d’ignorer ces besoins, leur donner une importance est nécessaire pour s’affirmer ensuite.

 

  1. Je prends la responsabilité d’exprimer ces besoins

Après avoir précisé nos besoins, l’étape suivante est de prendre la décision de les exprimer. Nous avons tendance à banaliser l’inconfort au travail et à ne pas percevoir l’importance de s’affirmer. Valérie souhaiterait plus de respect dans son travail, cependant si elle ne l’exprime pas, rien ne changera.

Nous souhaitons souvent secrètement que nos collègues ou nos chefs devinent nos besoins et les prennent en compte d’eux-mêmes. Or, c’est rarement le cas ! C’est à nous de prendre la responsabilité d’exprimer nos besoins car personne ne peut deviner à quel point ils sont importants pour nous.

 

  1. Je me demande ce qui m’empêche de m’affirmer

C’est souvent à l’instant où nous aimerions dire « non » ou exprimer nos besoins qu’un dialogue interne décourageant s’installe dans notre tête : « il ne m’écoutera pas », « lui dire ne changera rien ».

Ce dialogue interne se nourrit de nos peurs : peur d’être mal vu, peur de déplaire, peur du conflit, peur de la réaction de l’autre…

Un exercice intéressant consiste à écrire sur papier ce dialogue interne, et les peurs qui s’expriment à ce moment-là. Cela les dédramatise et permet de passer au-delà plus facilement.

 

  1. Je fais entendre mon besoin

Il y a une différence entre exprimer un besoin et le faire entendre.

Le faire entendre signifie s’assurer qu’il soit le mieux reçu possible, donc préparer un contexte adéquat pour communiquer son besoin.

Par exemple, Valérie décide de demander à son chef s’il pourrait lui dire bonjour le matin. Elle peut choisir un lieu différent de celui où ils se voient habituellement pour faire sa demande. Cela donnera plus de poids à ce qu’elle va demander. En prenant également en compte le fait que son chef a une perception du monde différente de la sienne, elle aura plus de chances de faire entendre son besoin.

 

  1. Je m’affirme sans être passif ni agressif

S’affirmer implique d’éviter deux impasses de communication :

Nous confondons parfois affirmation de soi et agressivité. En effet une personne agressive fait valoir ses besoins, tout comme une personne affirmée : cependant, la personne agressive le fait aux dépens de l’autre, en cherchant à obtenir ce qu’elle veut par la colère et l’intimidation.

Le personnage de notre exemple, Valérie, pourrait dire à son chef : « vous ne me respectez jamais, vous ne me dites jamais bonjour le matin, ce n’est pas possible ! ». Cependant, son message exprimé ainsi a plus de chances d’être mal reçu ou peu écouté.

S’affirmer consiste au contraire à exprimer ses besoins dans le respect de l’autre pour faciliter la communication.

 

  1. Je dis « je » plutôt que « tu »

Afin de s’affirmer sans agresser l’autre, une astuce s’avère très utile.

Issue de la CNV (Communication non Violente), l’idée est de remplacer le « tu » souvent ressenti comme accusateur par le « je », et de rester centré sur les faits de manière objective.

Par exemple, Paul est prévenu par son collègue à la dernière minute qu’un dossier est à rendre. Au lieu de « Tu m’as prévenu trop tard ! » il pourrait dire : « Tu m’as prévenu la veille à 18h. Je n’ai pas réussi à m’organiser pour le lendemain à 8 h ».

Si nous parlons de nous au lieu de parler de l’autre, il ne se sent pas attaqué et reçoit mieux le message. C’est une façon de prendre ses responsabilités afin d’inciter l’autre à faire de même.

 

  1. Je sais dire « non » et poser une limite

Apprendre à poser une limite est essentiel pour éviter d’accumuler des frustrations pouvant mener à terme à des situations de grande fatigue ou de burnout. Il s’agit donc de définir des limites au-delà de laquelle nous ne voulons pas aller et de les affirmer.

Dans l’exemple de Paul, celui-ci peut profiter du malentendu avec son collègue pour poser une limite : « Afin d’être performant et de rendre les dossiers à temps j’ai besoin d’être prévenu au moins deux heures avant la fin de la journée la veille de la deadline ». Son collègue est prévenu de la limite à ne pas dépasser, qui est claire. Cela favorisera un travail en meilleure intelligence.

 

  1. Je m’affirme par mon langage non-verbal

Adopter une posture corporelle affirmée aide beaucoup à oser plus facilement faire face à nos peurs et faire passer les messages que nous souhaitons transmettre.

Il est utile de s’observer au cours de la journée en remarquant les postures que nous adoptons. Prendre de l’espace, décroiser les bras et les jambes permet souvent de se sentir plus en maîtrise de la situation. Pour aller vers une posture plus affirmée, l’idéal est de se focaliser sur notre respiration. Nous nous sentons plus ancrés et plus affirmés si nous avons conscience de maîtriser notre respiration. Ainsi, au travail, prendre de grandes inspirations et expirations juste avant de faire une demande est une aide précieuse.

 

  1. Je commence petit pour viser grand !

S’affirmer au travail ne se fait pas en un jour. L’idéal est de s’entraîner à s’affirmer dans des situations avec peu d’enjeu au début, comme par exemple avec des proches, puis d’augmenter le niveau de difficulté petit à petit.

Tester une question pendant une réunion, affirmer un point de vue devant son chef, ces petits pas permettent de se rendre compte que nos peurs n’étaient pas aussi insurmontables qu’elles le paraissaient.

Au bout du compte, s’affirmer devient naturel !

 

 

Marie Boisseau

Coach, consultante et formatrice en communication

m.boisseau@groupeh2h.com

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