Contes et Légendes autour du Langage Corporel

Lorsque je démarre une session de travail sur le Langage Corporel, j’aime bien attaquer par un petit quizz, que j’intitule « Contes et Légendes ». C’est un moyen sympa et rapide de faire le tour des attentes, connaissances et idées reçues avec lesquelles je vais devoir travailler pendant la session.

Il faut dire que la discipline ne laisse personne indifférent : de la fascination au mépris pour une « pseudo-science », j’ai à peu près tout entendu dès le démarrage de ma formation il y a plusieurs années, et encore aujourd’hui, à chaque fois que je mentionne cette « spécialité » de mon portefeuille de coach.

Alors concrètement, comment travaillons-nous avec cette discipline en coaching ou en formation managériale ?

 

  1. Le langage corporel est une langue étrangère familière

 

Commençons tout de suite l’information (de loin) la mieux accueillie par mes participants : nous avons tous un potentiel sous-exploité de Profiler qui sommeille en nous !

 

Le langage corporel fonctionne exactement comme une langue étrangère, dont nous entendons les sons, les mots et les intonations. Cette langue étrangère a son dictionnaire, constitué de plus de 1500 items répertoriés, et sa grammaire, composée de règles et d’une méthodologie d’interprétation – un peu plus complexe que « il regarde en haut et à gauche en me racontant sa réunion, donc il ment » ou « elle croise les bras, c’est mauvais signe ».

 

Les signaux nous parviennent généralement sous forme d’intuitions, instincts, feelings et autres insights, positifs ou négatifs sur la personne ou son discours. Ainsi cette langue étrangère a parfois des accents familiers, car l’observation inconsciente des gestes et attitudes confirme une impression générale, issue d’interactions précédentes, ou simplement validée par le message verbal.

Tout le monde peut voir chez certains dirigeants de ce monde la volonté de dominer dans une poignée de main spectaculaire, ou dans un menton fièrement levé, après avoir écarté un autre dirigeant pour être au premier plan sur la photo.

Il faudra en revanche un œil exercé par quelques milliers de visionnages pour repérer la babine retroussée un quart de seconde, signal clair de mépris, alors même que le discours onctueux enrobe l’adversaire. Mais beaucoup de spectateurs auront capté inconsciemment cette dissonance entre le verbal et le non-verbal, et pourront même se dire « ça sonne faux ».

 

Dommage pour tous ceux qui associent encore le langage corporel à de l’astrologie, lorsqu’on sait que le non-verbal représente 80% du message reçu dans une interaction…

 

  1. On recherche l’authenticité, il n’y a pas de bons ou de mauvais gestes.

 

Lorsque nos clients nous sollicitent, c’est en général pour développer l’impact de leur communication globale.

Qu’ils aient besoin de pitcher devant des investisseurs, prendre la parole et la garder pendant des négociations tendues, ou convaincre leurs troupes lors de la convention annuelle, tous ont un enjeu fort en termes de posture et de conviction.

Une demande fréquente est d’apprendre quels sont les gestes à éviter, voire quels sont les « bons » gestes pour capter un auditoire. Nous entrons généralement ici sur le territoire des stéréotypes, et de l’image fantasmée de l’orateur idéal !

 

Le langage corporel ne se fabrique pas, et ne se contrôle que de manière éphémère et incomplète.
Vous pouvez penser à cacher vos mains si elles tremblent, mais il vous sera impossible de maîtriser la dilatation de vos pupilles, ou n’importe lequel des centaines de gestes-réflexe que votre corps exprimera à l’insu de la partie cognitive et contrôlante de votre cerveau.

 

L’œil d’un expert en langage corporel vous aidera à identifier les moments précis – s’il y en a – où votre corps exprime une dissonance avec votre discours verbal. Si vous n’êtes pas convaincu vous-même, ou a minima au clair, avec ce que vous dites, alors votre corps le criera, d’une manière ou d’une autre. Vos interlocuteurs ne sauront peut-être pas exactement quel micro-détail ou attitude leur a donné cette impression, mais il est probable que, comme lorsque nous sortons de certains débats télévisés, ou de certaines « réunions d’information », personne ne soit réellement convaincu.

 

Dans ce cas, une seule solution : clarifier et retravailler le discours verbal, jusqu’à ce que les mots soient le plus authentiques possible pour vous. Si besoin, il faudra apprendre à dire les choses, même inconfortables ou désagréables, de manière assertive, à la fois claire et respectueuse de chacun.

 

C’est alors que le langage corporel, aligné avec le discours verbal, va soutenir, ponctuer et amplifier votre propos, sans que vous ayez à vous préoccuper de vos gestes. Les techniques théâtrales sur la posture, la respiration ou la voix constituent un apport précieux pour vous aider à décupler encore l’impact de cette communication globale, et inspirer confiance à ceux que vous voulez convaincre de travailler avec vous !

 

 

Marie-Noëlle Borel
Co-fondateur Groupe H2H

mn.borel@groupeh2h.com

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